Fragment (2020/2021)

1/ Préambule : les fragments de plastique

Les fragments de plastique, d’une taille supérieure à 2,5 cm, sont issus de la fragmentation de macrodéchets qui se retrouvent dans l’environnement. Les mécanismes menant à cette fragmentation, impliquant les rayons UV notamment, sont un sujet d’étude des chercheurs.

Le problème posé par les fragments de plastique et de polystyrène est multiple :

  • De petite taille, ils peuvent être ingérés par les animaux et oiseaux marins, ce qui provoque ainsi des occlusions ou blocages dans leur système digestif, induisant une impression de satiété et les empêchant de se nourrir correctement. On estime que 90% des oiseaux de mer ont des fragments de plastique dans l’estomac (Surfriders).
  • Ils peuvent contenir des additifs (bisphénol A, phtalates, …) pouvant être libérés lors de leurs dégradations et avoir un impact toxique sur les écosystèmes.

2/ Les premiers résultats de Plastique à la loupe (sur la période 2020-2021)

Dans le cadre de Plastique à la loupe, les collégiens et lycéens participants ont été amenés à s’intéresser aux fragments non identifiés de plastique de taille supérieure à 2,5 cm, qu’ils trouvent sur les plages ou sur les berges des cours d’eau. Cette catégorie regroupe les fragments en mousse synthétique, en polystyrène expansé et en tout autre type de plastique. Voici ci-dessous les résultats qui en sont ressortis.

En chiffre

Pollution fragments de plastique

6 359 fragments retrouvés sur l’ensemble des 94 sites étudiés.

frgts1

Les fragments sont retrouvés à part égale sur les berges (55%) et sur le littoral (45%).

frgts2

8% des macrodéchets collectés sur l’ensemble des sites étudiés sont des fragments non identifiés de plastique supérieurs à 2,5cm. En effet, sur le littoral et sur les berges, ce sont les deuxièmes déchets les plus nombreux !

En représentation cartographique

Sur le littoral, 32 des 37 sites étudiés sont pollués par des fragments avec un maximum localisé en Manche/Mer du Nord (le site Am3 où l’on trouve près 658 fragments non identifiés sur 100 m). De plus, la médiane1 des sites littoraux est conséquente : 37 déchets/100m !

En revanche, sur les berges des cours d’eau, la médiane est de 11 déchets/100m et 19 sites sur les 57 sites étudiés ne sont pas pollués par les fragments. Le maximum de pollution sur une berge est situé sur la Seine (site No7) avec 1 060 déchets/100m.

1 La médiane correspond à la valeur « x » qui partage en deux la série de données. Il y a autant de valeurs inférieures à la médiane « x » que de valeurs supérieures.

Points de vigilance sur l’interprétation de la carte

La carte montre pour chaque site la quantité de déchets collectée au temps t du prélèvement, constituant ainsi une photographie en « instantané » de la pollution du site par les fragments non identifiés de plastique et polystyrène. Pour chaque site, les résultats obtenus sont dépendants des événements précédant le prélèvement (conditions météorologiques, regroupement de population, évènement de nettoyage…).

Au-delà du paramètre temporel, la configuration spatiale de chaque site influe aussi sur l’accumulation ou non de déchets sur la plage ou la berge (berge convexe/concave, pente, exposition au vent, courant…).

Ainsi, lorsque l’on veut comparer des sites entre eux, il est important de garder à l’esprit que les différences remarquées ne sont pas seulement dues au degré de pollution d’une région, mais surtout aux paramètres temporels et à la configuration spatiale du site.