Mégot 2019-2020

1/ Préambule : le mégot dans nos vies

Omniprésent dans notre vie, de près ou de loin, le mégot se retrouve parfois jeté négligemment au sol ! À Paris, c’est 2 milliards de mégots ramassés chaque année dans les rues. On compte également 500 millions de mégots à Marseille, 200 millions à Bordeaux, 100 millions à Lille et 60 millions à Nantes. Selon une étude récente de la Commission européenne, les mégots de cigarette seraient le déchet plastique le plus retrouvé sur les plages européennes, juste après les bouteilles en plastique. En 2017 déjà, l’association SurfRiders identifiait les mégots comme une source importante de déchets retrouvés sur les plages, dans les fonds marins, les rivières ou les lacs (Source : MTATERRE).

Le problème posé par le mégot de cigarette est multiple :

  • le filtre contient des matières plastiques (acétate de cellulose) : un mégot peut mettre plus de dix ans pour se dégrader !
  • le filtre contient plusieurs milliers de substances chimiques (acide cyanhydrique, naphtalène, nicotine, ammoniac, cadmium, arsenic, mercure, plomb3) dont certaines sont toxiques pour les écosystèmes.

2/ Les premiers résultats de Plastique à la loupe (sur la période 2019-2020)

Dans le cadre de Plastique à la loupe, les collégiens et lycéens participant ont été amenés à s’intéresser à ce déchet, qu’ils trouvent sur les plages ou sur les berges des fleuves. Voici ci-dessous les résultats qui en sont ressortis.

En chiffre

Pollution plastique mégot de cigarette

159 mégots retrouvés sur l’ensemble des 50 sites étudiés.

Graphique pollution mégots

72% des mégots retrouvés étaient sur les littoraux, les 28% autres sur les berges.

En représentation cartographique
Carte Présence mégots

Sur le littoral, 15 des 24 sites étudiés sont pollués par des mégots avec un maximum localisé en Méditerranée Occidentale (le site Co8 où l’on trouve près de 128 mégots sur 100 m). La médiane1 est de 6,5 déchets/100m, ce qui n’est pas négligeable.

En revanche, sur les berges des fleuves, la médiane est nulle et seuls 6 sites sur les 25 sites étudiés sont pollués par les mégots. Le maximum de pollution sur une berge est situé sur le Rhône (site Ly11) avec 50 déchets/100m.

1 La médiane correspond à la valeur « x » qui partage en deux la série de données. Il y a autant de valeurs inférieures à la médiane « x » que de valeurs supérieures.

Points de vigilance sur l’interprétation des données

La carte montre pour chaque site la quantité de déchets collectée au temps t du prélèvement, constituant ainsi une photographie en « instantané » de la pollution du site par le mégot. Pour chaque site, les résultats obtenus sont dépendants des événements précédant le prélèvement (conditions météorologiques, regroupement de population, évènement de nettoyage…).

Au-delà du paramètre temporel, la configuration spatiale de chaque site influe aussi sur l’accumulation ou non de déchets sur la plage ou la berge (berge convexe/concave, pente, exposition au vent, courant…).

Ainsi, lorsque l’on veut comparer des sites entre eux, il est important de garder à l’esprit que les différences remarquées ne sont pas seulement dues au degré de pollution d’une région, mais surtout aux paramètres temporels et à la configuration spatiale du site.

3/ Pour aller plus loin sur le mégot

  • Infographie sur le voyage d’un mégot jusqu’à l’Océan :

https://www.mtaterre.fr/sites/default/files/infographie-voyage-megot-jete-rue.jpg

  • Fiche du Ministère de la Transition Ecologique

https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/Fiche%20pollution%20m%C3%A9gots_VDEF.pdf